Je peins essentiellement sur papier, rarement sur toile et utilise le spalter ou des chiffons.
Très rapidement, une bataille s’amorce entre la peinture et moi. Un jeu de cache cache.
Les couleurs passées au spalter recouvrent la blancheur du support dans une danse de superpositions dont l’agencement, peut-être voulu au départ, va vite se laisser déborder, se laisser surprendre.
En effet, si, au début, les couches se laissent encore deviner, les passages répétés de l’éponge gorgée d’eau, les frottements du chiffon, humide ou sec, ou encore le spalter, vont vite attaquer ce semblant d’ordre.
Des déchirures apparaissent et des formes se laissent deviner, timides ; mais rapidement, le regard voit plus loin et la main suit la vision.
La couleur revient alors encore parfois recouvrir les déchirures. L’eau enlève la couleur. Et ce combat, entre le geste qui colore et le geste qui enlève, continue dans un va et vient, tantôt rapide, tantôt retenu puis se calme peu à peu.
Enfin l’apaisement.
L’équilibre des couleurs est trouvé.
La forme est révélée.
Le tableau est né.

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